Comment on se parle vraiment

Parler, ce n’est jamais seulement dire des mots.
C’est une manière d’être en présence : une tonalité, un mouvement du corps, un rythme, une ouverture, un retrait, une montée d’énergie, une retenue.
Avant même qu’une phrase soit prononcée, la relation a déjà commencé à réagir.

Ce premier outil du Carnet 4 aide à regarder la communication dans sa réalité quotidienne : subtile, mouvante, sensible — loin des injonctions à “bien communiquer”.


1. Observation des micro-mouvements

À remplir individuellement.

Regarde ce qui se passe quand tu parles avec ton/ta partenaire, dans des moments ordinaires ou sensibles.
Note ce que tu observes sans jugement, comme si tu regardais une scène avec curiosité.

Quand je parle, je remarque que…

  • mon ton a tendance à…
  • ma voix devient plus…
  • mon corps s’ouvre / se referme…
  • je prends plus / moins de place…
  • je parle plus vite / plus lentement…

Quand l’autre me parle, je remarque que…

  • je me tends / je me relâche…
  • je recule intérieurement / j’avance…
  • je me sens disponible / en défense…
  • j’anticipe / j’interprète / je me protège…

Observer ne sert pas à corriger. Observer sert à comprendre ce que vit le lien.


2. Ma sécurité de parole aujourd’hui

Sur une échelle de 1 à 10, où te situes-tu en ce moment ?

1 = je parle peu ou avec prudence
10 = je peux dire ce que je vis avec simplicité

Marque un point :
Ma sécurité intérieure de parole : /10
Ma sécurité extérieure (dans le lien) : /10

La différence entre les deux nombres dit parfois quelque chose d’important.


3. Ce qui m’ouvre / Ce qui me ferme

Coche ce qui résonne pour toi. Plusieurs cases possibles.

Je me sens plus ouvert·e lorsque…

  • ☐ l’autre est calme
  • ☐ je sens que j’ai mon espace
  • ☐ l’autre me regarde sans insister
  • ☐ je ne suis pas pressé·e
  • ☐ j’ai eu le temps de réfléchir
  • ☐ je me sens accueilli·e même si je tâtonne
  • ☐ l’autre formule ses besoins sans accusation
  • ☐ autre :

Je me ferme plus facilement lorsque…

  • ☐ le ton monte ou se durcit
  • ☐ je sens une attente implicite
  • ☐ je suis fatigué·e ou surchargé·e
  • ☐ l’autre parle vite ou ne laisse pas d’espace
  • ☐ je me sens jugé·e ou évalué·e
  • ☐ je ne comprends pas ce qui se passe pour l’autre
  • ☐ je perçois un reproche même subtil
  • ☐ autre :

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse. Il y a ce que ton système relationnel tente de protéger.


4. Mini-exemples incarnés — Trois façons “d’être en parole”

Ces situations montrent qu’il n’existe aucun style de communication idéal.

Exemple A — Lenteur et précision

L’un parle peu, mais dit des choses essentielles lorsqu’il se sent en sécurité.
La relation respire dans la douceur et l’espace.

Exemple B — Vivacité et mouvement

L’un parle vite, pense à voix haute, revient en arrière, reformule.
La relation respire dans le rythme et la spontanéité.

Exemple C — Corps avant mots

L’un parle surtout par gestes, intonations, présences.
La relation respire dans l’attention mutuelle plus que dans le langage.

chacun de ces fonctionnements ( et tous les autres possibles) crée une écologie particulière du lien.


5. Synthèse individuelle

Écris trois phrases maximum :

  • Ce que j’ai compris de ma manière de parler :
  • Ce que j’ai compris de ce qui m’ouvre :
  • Ce que j’ai compris de ce qui me ferme :

6. Mise en commun

Lorsque vous en parlerez à deux, suivez cette consigne CR :

Parler de soi, jamais de l’autre.

Exemples :
« Je me ferme quand je sens une urgence » plutôt que « Tu me mets la pression ».


La communication n’est pas un outil : c’est la manière dont le lien respire à travers nous.

Lien vers PSL 4.2 – Ce que vivent nos conflits

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