Les fantasmes ne sont pas des plans d’action : votre imaginaire vous appartient
Cet article fait partie du parcours Monogamie consciente – Prendre soin du lien et explore comment habiter votre imaginaire érotique sans culpabilité ni confusion.
Introduction : Ce qui se passe dans votre tête n’appartient qu’à vous
Vous êtes au lit avec votre partenaire. Vous faites l’amour.
Et dans votre tête, vous pensez à quelqu’un d’autre.
Pas tout le temps. Pas systématiquement. Mais parfois, l’image de cette personne surgit. Ou d’une situation imaginée. Ou d’un scénario qui n’arrivera jamais.
Et vous vous sentez horrible.
« Je suis en train de tromper mon/ma partenaire. »
« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »
« Si iel savait à quoi je pense, iel serait dévasté·e. »
Mais voilà la vérité que personne ne vous dit :
Vos fantasmes ne sont pas des crimes. Votre imaginaire vous appartient.
Fantasmer sur quelqu’un d’autre ce n’est pas tromper.
Imaginer des scénarios ce n’est pas planifier de les réaliser.
Avoir une vie érotique mentale ce n’est pas une trahison.
Il y a une différence fondamentale entre :
- Ce qui se passe dans votre tête (votre espace intime, votre jardin secret)
- Ce qui se passe dans le monde (vos actions, vos paroles, vos choix)
Dans une monogamie consciente, vous ne vous culpabilisez pas de vos pensées. Vous faites la différence entre imagination et réalité.
→ Comprenez la distinction : Quand vous désirez quelqu’un d’autre : ressentir n’est pas trahir
Ce qu’est un fantasme (et ce qu’il n’est pas)
Ce que c’est
Un fantasme, c’est une production mentale érotique. Une image, un scénario, une situation que vous imaginez et qui vous excite.
Ça peut être :
- Une personne spécifique (réelle ou imaginaire)
- Une situation (un lieu, un contexte)
- Un scénario (une dynamique de pouvoir, un jeu de rôle)
- Une sensation (être regardé·e, être désiré·e intensément)
- Quelque chose d’impossible ou d’irréaliste
L’important : Un fantasme existe uniquement dans votre tête. C’est de l’imagination.
Ce que ce n’est PAS
Un fantasme n’est pas :
- Un plan d’action (« Je fantasme donc je vais le faire »)
- Un souhait conscient (« Je fantasme donc je le veux vraiment »)
- Une trahison (« Je fantasme donc je trompe »)
- Un problème à résoudre (« Je fantasme donc quelque chose ne va pas »)
Exemple :
Sophie fantasme parfois sur un rapport à trois. Ça l’excite dans sa tête.
Ça ne veut PAS dire :
- Qu’elle veut vraiment vivre ça
- Qu’elle va le proposer à Marc
- Que leur couple ne va pas
- Qu’elle est insatisfaite
Ça veut dire : son imaginaire érotique explore des territoires que sa vie réelle n’explore pas. Et c’est ok.
→ Définissez vos territoires : Exclusivité affective, sexuelle, sociale : choisir vos frontières
Pourquoi on fantasme sur d’autres personnes ou d’autres situations
Raison n°1 : L’imaginaire n’a pas de limites
Dans votre tête, tout est possible.
Vous n’êtes pas limité·e par :
- La réalité (faisabilité, logistique)
- Les conséquences (émotionnelles, relationnelles)
- Les corps réels (fatigue, contraintes physiques)
- Les accords (votre monogamie, vos engagements)
Dans votre tête, vous pouvez tout explorer sans risque.
C’est pour ça que les fantasmes sont souvent des choses que vous ne feriez jamais dans la vraie vie.
Exemple :
Lucas fantasme parfois sur être avec deux femmes en même temps.
Dans la vraie vie :
- Il est profondément monogame
- Il n’a aucune envie d’ouvrir son couple
- Il sait que ça créerait un chaos émotionnel
Mais dans sa tête, il peut explorer cette idée sans conséquence. Et ça ne remet rien en question.
Raison n°2 : Les fantasmes explorent ce qu’on ne vit pas
Souvent, on fantasme sur ce qu’on ne vit pas dans la réalité.
Pas parce que notre réalité est mauvaise. Mais parce que l’imaginaire explore les angles morts.
Exemple :
Emma a une vie sexuelle douce, tendre, connectée avec son partenaire.
Et parfois, elle fantasme sur du sexe brutal, impersonnel, purement physique.
Ça ne veut pas dire qu’elle veut changer sa vie sexuelle réelle. Ça veut dire que son imaginaire explore une facette qu’elle ne vit pas.
Et les deux peuvent coexister sans problème.
→ Comprenez vos besoins : Comprendre ses besoins fondamentaux en couple monogame
Raison n°3 : Les fantasmes créent de la distance érotique
Le paradoxe du désir (Esther Perel) : Le désir a besoin de distance, de mystère, d’altérité.
Mais dans un couple qui dure, vous construisez de la proximité, de la familiarité, de la fusion.
Les fantasmes créent artificiellement cette distance.
Quand vous fantasmez sur quelqu’un d’autre pendant que vous faites l’amour avec votre partenaire, vous créez de l’altérité dans votre tête.
Vous réintroduisez du mystère. De l’inconnu. De la nouveauté.
Ce n’est pas un bug. C’est une fonctionnalité.
Votre psychisme trouve un moyen de maintenir le désir malgré la proximité.
Raison n°4 : Les fantasmes sont parfois déconnectés de vos désirs réels
Parfois, vous fantasmez sur des choses que vous ne voudriez jamais vivre.
Exemple :
Julie fantasme parfois sur être dominée de manière très intense.
Dans la vraie vie :
- Elle déteste l’idée de perdre le contrôle
- Elle n’a aucune envie de vivre ça réellement
- Ça l’angoisse même
Mais dans sa tête, c’est excitant. Parce que c’est sans risque. Parce qu’elle contrôle le scénario.
Il n’y a pas de lien direct entre fantasme et désir réel.
→ Explorez sans culpabilité : Vivre la monogamie avec ses insécurités : attachement, schémas et ancrages
Les types de fantasmes en monogamie (et ce qu’ils ne signifient pas)
Type 1 : Fantasmer sur quelqu’un d’autre
Le fantasme :
Vous imaginez faire l’amour avec une autre personne. Réelle ou imaginaire.
Ce que ça ne veut PAS dire :
- Que vous voulez tromper
- Que votre partenaire ne vous suffit pas
- Que vous allez passer à l’acte
Ce que ça peut vouloir dire :
- Votre imaginaire explore la nouveauté
- Vous créez de la distance érotique
- Vous fantasmez sur une facette de vous que cette personne incarne
Type 2 : Fantasmer sur des situations que vous ne vivrez jamais
Le fantasme :
Un rapport à trois. Du sexe en public. Une orgie. Être avec une célébrité.
Ce que ça ne veut PAS dire :
- Que vous voulez ouvrir votre couple
- Que vous êtes insatisfait·e
- Que vous devez réaliser ce fantasme
Ce que ça peut vouloir dire :
- Votre imaginaire joue avec des scénarios impossibles
- Vous explorez des dynamiques (être regardé·e, être désiré·e par plusieurs personnes)
- C’est de la pure fiction érotique
Type 3 : Fantasmer pendant le sexe avec votre partenaire
Le fantasme :
Vous êtes en train de faire l’amour avec votre partenaire, mais dans votre tête vous pensez à autre chose. À quelqu’un d’autre. À un scénario différent.
Ce que ça ne veut PAS dire :
- Que vous ne désirez pas votre partenaire
- Que le sexe n’est pas bon
- Que vous êtes en train de tromper mentalement
Ce que ça peut vouloir dire :
- Vous avez besoin de stimulation mentale pour maintenir l’excitation
- Votre imaginaire complète ce qui se passe physiquement
- C’est une manière d’intensifier le plaisir
Important : Beaucoup de gens font ça. Et ça ne veut rien dire sur la qualité de leur relation.
Type 4 : Fantasmer sur votre partenaire dans d’autres contextes
Le fantasme :
Vous fantasmez sur votre partenaire, mais dans des situations différentes de votre réalité. Plus intense, plus audacieux, plus libre.
Ce que ça ne veut PAS dire :
- Que vous êtes insatisfait·e de votre vie sexuelle réelle
Ce que ça peut vouloir dire :
- Vous explorez des facettes de votre partenaire
- Vous aimeriez peut-être introduire certaines de ces dynamiques dans votre vie réelle
- Votre imaginaire joue avec des possibilités
→ Créez de la nouveauté : Gérer la routine sans perdre la vie du lien
Faut-il partager ses fantasmes avec son/sa partenaire ?
Ça dépend de votre pacte relationnel
Question centrale : Est-ce que vous avez convenu ensemble de partager vos fantasmes ?
Certains couples partagent tout. D’autres gardent leur jardin secret.
Il n’y a pas de bonne réponse universelle.
→ Référez-vous à vos accords : Créer votre pacte relationnel
Les bonnes raisons de partager
Vous pouvez partager vos fantasmes si :
- Vous avez envie d’explorer ensemble certaines choses
- Ça fait partie de votre érotisme partagé
- Vous savez que votre partenaire peut l’accueillir sans paniquer
- Vous cherchez à créer de la complicité érotique
Phrases utiles :
« J’ai envie de te partager quelque chose qui m’excite dans ma tête. Pas forcément pour le réaliser, mais pour partager mon imaginaire avec toi. »
Les mauvaises raisons de partager
Ne partagez PAS vos fantasmes si :
- C’est pour vous décharger de votre culpabilité
- Vous pensez que « tout se dire » est obligatoire
- Votre partenaire n’est pas prêt·e à entendre ça
- Ça va créer de l’insécurité inutile
Exemple :
Marc fantasme sur une collègue. Il se sent coupable.
Mauvaise idée : « Je fantasme sur Léa du bureau. Voilà, je te l’ai dit, je suis honnête. »
Ça ne sert à rien. Ça va juste angoisser sa partenaire. Marc n’a pas besoin de partager ça. C’est son jardin secret.
Le droit au jardin secret
Vous avez le droit de garder certaines choses pour vous.
Votre imaginaire érotique peut rester privé. Ce n’est pas de la malhonnêteté. C’est de l’intimité avec soi-même.
Il y a une différence entre :
- Transparence : partager ce qui concerne la relation
- Exhibitionnisme mental : tout déverser sur l’autre sans filtre
Vous n’avez pas à partager chaque pensée, chaque fantasme, chaque désir fugace.
Certaines choses peuvent rester à vous.
→ Définissez vos frontières : Définir ensemble ce qu’est la fidélité : au-delà de l’évidence
Comment gérer la culpabilité liée aux fantasmes
1. Accepter que les fantasmes sont normaux
Tout le monde fantasme.
Sur d’autres personnes. Sur d’autres situations. Sur des choses qu’ils ne feront jamais.
Ça ne fait pas de vous une mauvaise personne. Ça fait de vous un être humain.
Répétez-vous :
« Mes fantasmes m’appartiennent. Ils ne disent rien sur mon engagement. Ils ne sont pas une trahison. »
2. Faire la différence entre imaginaire et réalité
Dans votre tête, tout est possible. Dans la réalité, vous choisissez vos actions.
Vous pouvez fantasmer sur coucher avec votre ex ET choisir de ne jamais le faire.
Vous pouvez fantasmer sur un rapport à trois ET choisir de rester monogame.
Vous pouvez fantasmer sur quelqu’un d’autre ET choisir de ne pas flirter.
Vos fantasmes ne déterminent pas vos actions.
3. Arrêter de chercher à contrôler vos pensées
Vous ne pouvez pas empêcher certaines pensées de venir.
Plus vous essayez de les repousser, plus elles reviennent. C’est l’effet rebond.
Au lieu de lutter contre vos fantasmes, laissez-les passer.
« Ok, je pense à ça. C’est juste une pensée. Elle va partir. »
Vous n’avez pas à vous battre contre votre imaginaire.
→ Gérez vos insécurités : La jalousie en monogamie : quand la peur ne vous lâche pas
4. Ne pas confondre fantasme et souhait
Juste parce que vous fantasmez sur quelque chose ne veut pas dire que vous voulez que ça arrive.
Exemple :
Vous fantasmez sur être avec deux personnes en même temps.
Ça ne veut pas dire que vous voulez ouvrir votre couple.
Ça ne veut pas dire que vous êtes insatisfait·e.
Ça veut dire que votre imaginaire explore une possibilité.
Les fantasmes sont de la fiction. Pas des projets.
Quand les fantasmes deviennent problématiques
Signal 1 : Vous ne pouvez plus être excité·e sans fantasmer
Si vous avez besoin de fantasmer sur autre chose pour être excité·e pendant le sexe avec votre partenaire, ça peut être un signal.
Ça peut vouloir dire :
- Qu’il y a une déconnexion érotique dans votre couple
- Que vous évitez l’intimité avec votre partenaire
- Que quelque chose manque dans votre vie sexuelle
Ce n’est pas forcément grave. Mais ça mérite d’être exploré.
→ Faites le point : Quand nos projets de vie divergent : désaccord ou incompatibilité ?
Signal 2 : Vous fantasmez obsessionnellement sur la même personne
Si vous passez vos journées à fantasmer sur une personne spécifique, ça peut devenir problématique.
Pas parce que le fantasme est mauvais. Mais parce que vous nourrissez activement un désir extérieur.
À ce stade, ce n’est plus un fantasme passif. C’est une obsession.
Et ça peut mener à :
- Vouloir passer à l’acte
- Créer des situations pour voir cette personne
- Vous déconnecter de votre partenaire
→ Gérez le désir extérieur : Quand vous désirez quelqu’un d’autre : ressentir n’est pas trahir
Signal 3 : Vos fantasmes vous angoissent énormément
Si vos fantasmes vous génèrent une angoisse paralysante, au point où vous ne pouvez plus faire l’amour sans culpabilité, ça peut mériter d’en parler à un·e thérapeute.
Pas parce que vos fantasmes sont problématiques. Mais parce que votre rapport à vos fantasmes l’est.
Comment utiliser vos fantasmes de manière constructive
1. Comme source de plaisir personnel
Vos fantasmes peuvent nourrir votre désir.
Vous pouvez les utiliser :
- Pendant la masturbation
- Pour maintenir votre libido
- Comme espace de jeu mental
C’est sain. C’est normal. Ça ne nuit à personne.
2. Comme révélateur de ce qui vous excite
Vos fantasmes peuvent vous apprendre des choses sur vous.
« Tiens, je fantasme souvent sur être regardé·e. Peut-être que j’aime l’idée d’être désiré·e intensément. »
Vous pouvez utiliser cette information pour :
- Mieux comprendre votre érotisme
- Introduire certaines dynamiques dans votre couple (si ça vous intéresse)
- Explorer de nouvelles facettes de vous
3. Comme carburant pour votre vie sexuelle partagée
Vous pouvez partager certains fantasmes avec votre partenaire (si vous êtes tou·tes les deux à l’aise) :
- Pour créer de la complicité érotique
- Pour introduire de la nouveauté
- Pour explorer ensemble
Mais attention : Partager un fantasme ne veut pas dire que vous devez le réaliser.
Vous pouvez en parler, jouer avec verbalement, sans jamais passer à l’acte.
→ Créez de la complicité : Créer des rituels de connexion qui vous ressemblent
Conclusion : Votre imaginaire est un territoire libre
Vos fantasmes ne sont pas des crimes. Votre imaginaire vous appartient.
Vous pouvez fantasmer sur :
- D’autres personnes
- Des situations que vous ne vivrez jamais
- Des choses que vous ne voudriez même pas vivre dans la réalité
Et ça ne fait pas de vous une mauvaise personne. Ça ne remet pas en question votre engagement. Ça ne signifie rien sur votre couple.
Il y a une différence fondamentale entre :
- Ce qui se passe dans votre tête (imaginaire, fiction, jeu mental)
- Ce qui se passe dans le monde (actions, choix, réalité)
Dans une monogamie consciente :
- Vous ne culpabilisez pas de vos pensées
- Vous faites la distinction entre fantasme et plan d’action
- Vous respectez votre jardin secret (et celui de l’autre)
- Vous choisissez consciemment ce que vous partagez et ce que vous gardez pour vous
Vos fantasmes ne sont pas des plans d’action.
Ce sont des espaces de jeu, de liberté, d’exploration mentale.
Et vous avez le droit de les habiter sans culpabilité, sans honte, sans confusion.
Pour aller plus loin
Articles du parcours Monogamie consciente :
- Quand vous désirez quelqu’un d’autre : ressentir n’est pas trahir
- Créer votre pacte relationnel : quand vous définissez les règles du jeu ensemble
- Exclusivité affective, sexuelle, sociale : choisir vos frontières
- Définir ensemble ce qu’est la fidélité : au-delà de l’évidence
- Comprendre ses besoins fondamentaux en couple monogame
- La jalousie en monogamie : quand la peur ne vous lâche pas
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